Beauté·Humeur·lifestyle

A cœur ouvert 

Il est plus facile de parler de certains sujets que d’autres. Ça fait plusieurs mois que je remets au lendemain l’écriture de cet article, partagée entre l’envie d’en parler et la « peur » de se dévoiler.

Malgré le fait que je puisse paraître « grande gueule » ou plutôt sûre de moi j’ai et je continue d’accorder encore bien trop d’importance à l’autre et à ce qu’il pourrait penser de moi.

Je fais attention. Attention à tout en permanence, malgré un air détaché et je m’en foustiste. Je fais attention à ne pas trop en faire, à ne pas déranger, rester dans le moule, attention au jugement des autres, attention à ce qu’on pourrait penser de moi, de comment je parle, comment je marche, est-ce que mes choix vont plaire aux autres? Est-ce que je vais les décevoir ?

Ne pas trop faire de bruit, ne pas sortir du cadre, ne pas se faire remarquer. Surtout ne pas se faire remarquer. 




En y réfléchissant je crois que c’est pour ça (entre autre) que Paris m’a attirée très jeune. Il est tellement plus facile de se fondre dans la foule, personne ne vous remarque, personne ne vous connaît, et vous ne connaissez personne. Alors ça peut paraître étrange pour vous mais j’aime cet anonymat, le fait d’être dans ma bulle me convient parfaitement.

Et ceux qui connaissent mon amoureux doivent rigoler (oui oui je vous vois là !), tout simplement car c’est l’être humain le plus sociable que je connaisse. La seule personne que je connaisse qui aimait autant le contact et les gens c’était mon beau père. Je vous reparlerai de lui en temps voulu car je ne suis pas encore prête à le faire, il est parti il y a un peu plus de 3 ans d’un cancer du poumon, et me manque énormément.

Mon amoureux est à l’opposé de moi. Il n’a pas peur de vivre, de faire du bruit, il se fiche du jugement de l’autre, il vit comme il l’entend, sans filtre, car sa priorité c’est de vivre SA vie. Il tient compte des autres mais sait ce qu’il veut et ne veut pas. Il aime les gens, s’intéresse sincèrement à eux, à leur bien être, il se plie en 4 pour aider. Il se créé des opportunités de rencontres et tisse un lien social très fort car il va vers les autres, interagit avec tout le monde avec bienveillance . Il sait tenir compte des avis des autres mais ne s’écarte jamais de son chemin car il a suffisamment confiance en lui, et n’a pas cette peur du jugement d’autrui.

Tout ce que je suis pas en définitive ! C’est là que j’ai du sortir de ma zone de confort, il m’encourage à moins me soucier de l’extérieur, des gens, de ce qu’ils pourraient penser, pour au final mettre mes peurs de coté et enfin vivre comme je l’entends pour moi même.
Et j’ai fait beaucoup d’efforts ! J’ai été spectatrice de l’année 2016, je l’ai vue défiler sous mes yeux, j’ai subis plus qu’agis, j’ai regardé le train en marche sans essayer ou du moins pouvoir y monter.

Il est facile de rester dans sa zone de confort, ne pas chercher de solution aux problèmes qui nous empêchent d’avancer.

C’est donc pour ces raisons que j’ai décidé que 2017 serait différente. Cette année j’agis, je prends des décisions, je m’investis et surtout pour des projets dont j’ai envie de m’investir,  qui vont me faire bouger hors de mon cocon, de mon confort, bref un gros coup de pied au cul.

Et avec l’âge j’ai compris que d’une, on devait faire les choses pour soi et pas pour les autres et de deux, que le temps présent est le plus important. J’ai tendance à me laisser porter par mon cerveau qui veut me faire revivre le passé ou me projeter dans le futur et ça ne fait que créer de l’angoisse, du stress et de l’improductivité.
J’aborde donc 2017 sous un nouvel angle, ne pas attendre que les choses viennent à moi, les provoquer, prendre le taureau par les cornes et débuter des parcours, des projets qui vont m’aider à changer.

Je vous en ai parlé dans un précédent article, j’ai deux gros projets cette année : le passage du concours de l’école de puériculture, j’y travaille depuis septembre, le concours est dans deux semaines grosso modo, je ne stresse pas. Avant j’aurais été malade de stress, mais là je le prends comme un « jeu » dans le sens où je prends plaisir à réviser, apprendre, et advienne que pourra, si ce n’est pas cette année, j’aurai l’occasion de le retenter donc je ne me mets pas la pression.

Le deuxième gros projet est beaucoup plus important mais à autre niveau. Ça fait 2 ans grosso modo que j’y réfléchis, mais j’avais peur, puis ma motivation a commencé à prendre le dessus. Je suis quelqu’un qui, une fois la peur passée, va jusqu’au bout, je suis déterminée, je veux changer.

Ce projet c’est une chirurgie, la sleevegastrectomie. Plus simplement, la réduction significative de l’estomac. Cette opération je ne vais pas approfondir ce que c’est sur ce billet qui fait déjà la moitié d’un bouquin du Seigneur des Anneaux, mais la semaine prochaine pour un article complet et plus précis.

Car cet article est plus sur pourquoi je suis venue à faire cette chirurgie.

J’ai toujours beaucoup mangé. Mon estomac est un puit sans fond. Je n’ai jamais su faire la différence entre avoir faim ou pas, je n’ai jamais eu de restrictions ou d’interdictions. Déjà pourvue d’un bon appétit, quelques situations familiales (décès de mon grand-père, divorce de mes parents) m’ont obligée à trouver un réconfort quelque part et la drogue la plus simple à trouver est tout simplement dans votre frigo, vos placards.

Je ne mangeais pas pour vivre, je vivais pour manger. A la moindre contrariété, je mangeais.

J’ai vu mon premier nutritionniste à 10 ans, je suivais un temps et le peu de résultats m’encourageaient à arrêter, je pense que le suivi psychologique a manqué, que seul les régimes hypocaloriques ne suffisaient pas.

Je suis une éponge à sentiment, Je mange mes émotions. Mon corps s’est progressivement complètement déréglé au fur et à mesure des régimes testés, tous plus ou moins efficaces, mais revers de la médaille, en plus les régimes me faisaient grossir. Oui oui, grossir.

Le coup de grâce a été le régime Dukan, le rêve ! Manger à volonté mais que des protéines. Il faut savoir que le « à volonté » signifie « à satiété » ( ma satiété est là après deux menus maxi best of frites et boissons inclues. Voilà ma satiété, ce sont des quantités énormes. Je mesure 1m63). On a le droit aux légumes qu’en de très petites quantités à coté de toutes les protéines ingurgitées. (Coucou les carences et la perte des cheveux). Alors ça marche, j’ai perdu 30kg. Mais la question des sensations de faim, des pulsions, de rééquilibrage, etc rien n’est réglé. On vous lâche avec votre nouveau poids et vous vous revoyez reprendre 1kg puis encore 1kg, et encore 1kg… De 30kg perdus tu viens de gagner 40kg. Retour à la case zéro.
J’ai réessayé des tas de régimes, équilibrés ou pas du tout (ouais j’ai bu du jus de légumes passés à la centrifugeuse pendant une semaine lol), des repas hyperprotéinés, des régimes hypocaloriques qui ont fonctionné (mais c’était vraiment de la restriction à 1200 cal voir moins et donc difficile à tenir sur le long terme), des suivis nutritionnistes avec rééquilibrage alimentaire sans régime etc etc

Et j’ai du prendre un traitement hormonal qui m’a induit une ménopause provisoire pendant 3 mois, pour essayer de virer un fibrome intraitable et ultra douloureux sa maman. Ce traitement m’a fait prendre 20kg (alors que je me restreignais depuis des mois à 1200 cal par jour plus du sport en intensif pour perdre 15kg)  et puis je suis tombée sur le livre de  Zermati. Grosse claque dans la tête, J’ai réappris à manger. Et j’ai surtout dis « PLUS JAMAIS DE PUTAIN DE RÉGIME ». Facile à dire sauf que manger équilibré et sport ne me font absolument plus maigrir, au mieux je me stabilise. C’est le cas depuis un an, je suis stable. J’avais donc plusieurs choix. Apprendre à accepter ce corps déréglé qui a bien compris que je cherchais à tout prix à le faire maigrir et qui ne se laisse plus faire. Ou dernière solution, discuter avec mon médecin traitant de la chirurgie bariatrique.

Ce n’est pas un échec, ce n’est pas une solution de facilité, c’est une décision que l’on mûrit longtemps car le changement est radical. J’ai hésité, reculé, je suis revenue, et je me suis donnée un coup de pied au cul, je n’ai que 30 ans, pas d’enfants, je sais pertinemment que j’aurai du mal à en avoir du fait de mon poids. Je suis en bonne santé, mais plus l’âge avance plus je sens ma santé se détériorer et c’est le moment. Je le fais pour moi. L’avantage de vieillir c’est qu’on ne prend plus des décisions pour les autres mais pour soi.

J’ai rencontré le chirurgien, le courant est bien passé et là je me suis dit « ça y est c’est le moment, tu es prête »



Je ne supporte pas ce corps qui est handicapant dans ma vie de tous les jours, dans mon boulot, dans ma tête, et je sais que je ne l’accepterai jamais. Mon amoureux me dit que quand on veut quelque chose alors il faut se donner les moyens de l’avoir. J’ai signé pour quelque chose qui va radicalement changer ma vie et c’est ce dont j’ai besoin. J’ai le mental pour. Même si plusieurs personnes sont très sceptiques vis à vis de ma décision, je prends leurs opinions tout en disant que c’est un choix plus que personnel, c’est mon corps, ma santé, personne ne me connaît plus que moi, c’est ma vie et je veux aller là où je veux aller.

Je comprends l’appréhension, la peur de certains, en particulier de mon amoureux qui a peur que ça joue sur notre relation. Il faut dire que la bouffe c’est vraiment un plaisir commun, mais on a trouze mille d’autres choses en commun et même si c’est une épreuve on en sortira encore plus amoureux.

A chaque problème une solution, la vie est courte, donnons nous les moyens d’arriver à nos idéaux.
2017 est l’année des confrontations des peurs pour moi, j’essaye de les appréhender différemment, de ne plus vivre continuellement apeurée par la moindre sortie de route. Et depuis décembre je me sens plus forte, j’avance, tête haute, et je ne regarde plus passer les trains, je les prends.

3 réflexions au sujet de « A cœur ouvert  »

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